Interview – Julien en Terre Adélie

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Cette semaine, je vous emmène littéralement à l’autre bout du monde dans une terre sacrée où peu de chanceux mettent un jour les pieds. En Antarctique ! Là-bas, Julien  est en service civique pourla Station Polaire Française à disposition du CNRS de Chizé où il tient le rôle d’écologue.

 

 

 

 

Julien, peux-tu nous expliquer en quoi consiste ton travail ? Quelle est ta mission ?

Ma principale mission est de continuer le suivi à long terme des populations de prédateurs marins présents en Terre Adélie. Ce suivi existe depuis plus de 60 ans maintenant en Antarctique française ce qui en fait la base de données la plus ancienne au monde concernant la vie sauvage au pôle sud. Ce suivi concerne l’ensemble des animaux vertébrés se reproduisant en Terre Adélie au niveau de la Pointe Géologie (au total 9 espèces d’oiseau et une espèce de phoque se reproduisent dans cette région de l’Antarctique).

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La Base Durmont D’Urville

Quelles méthodes ou techniques utilises-tu ?

La principale méthode pour effectuer ce suivi est la CMR (Capture-Marquage- Recapture), c’est-à-dire la pose de bague métal sur les individus venant se reproduire tous les ans sur le même site de reproduction. Un suivi du succès de reproduction est fait pour toutes les espèces. Des études ponctuelles s’effectuant durant la campagne d’été (de novembre à février) permettent, elles, de travailler sur des sujets de recherches plus précis : zone d’alimentation, consommation énergétique pour assurer une descendance, études des interactions d’une colonie. Toutes ces données recueillies permettent aux chercheurs du CNRS de concevoir des modèles et de répondre à des questions de recherches sur la physiologie ou l’éthologie de ces animaux ayant encore à l’heure actuelle une partie de mystère.

Quelles espèces étudies-tu et pourquoi ?

Sur l’Archipel de la pointe Géologie (où se trouve la base Française de Durmont D’Urville) vivent 9 espèces d’oiseaux en reproduction :

  • Le pétrel des neiges ;
  • Le Damier du Cap ;
  • Le Skua Antarctique ;
  • Le Skua Subantarctique (s’hybridant avec des Skuas Antarctique)
  • Le Pétrel Géant Antarctique (le plus gros oiseau volant en Terre Adélie) ;
  • Le Fulmar Antarctique ;
  • L’Océanite de Wilson ;
  • Le Manchot Adélie ;
  • Le Manchot Empereur.

Et une espèce de mammifère marin : Le Phoque de Weddell.

Chacune de ces espèces ont des particularités écologiques et phénologiques propres qui permettent de mieux comprendre leurs interactions avec les modifications de leur environnement.

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Quel est l’intérêt d’étudier ces régions polaires ?

Les régions polaires subissent de plein fouet les changements globaux qui impactent notre planète. C’est dans ces des régions où ces changements sont les plus visibles. Les animaux y vivant ne connaissent pas l’homme, celui-ci n’est pas considéré comme le super-prédateur qu’il représente dans les autres endroits du monde. La faune présente l’accepte donc comme un être vivant présent au même titre que les autres et ceci pour une raison principale : les animaux viennent pour se reproduire sur un durée ou chaque minute compte . De plus l’impact des changement globaux sur notre planète est très clairement visible au niveau des pôles à travers des espèces « parapluie » qui peuvent vivre ici, d’où l’interêt de les étudier pour voir leur évolution.

Peux-tu nous en dire plus sur ta vie quotidienne dans une station isolée du reste du monde ?

La vie sur base se passe à merveille, nous sommes tous très soudés malgré nos origines professionnelles différentes. Nous sommes un peu comme un tout petit village où tout le monde est présent en cas de problème pour chacun. Plus le temps passe et plus il y a une solidarité entre nous. On ne s’ennuie jamais , on vit comme tout le monde et chacun a su s’adapter à cet environnement à sa façon. La chose la plus étonnante c’est que nous sommes réellement rythmé pas notre environnement : l’absence de soleil pendant l’hiver, l’évolution de la faune, les nouvelles espèces qui reviennent se reproduire et la banquise qui chaque jour est différente.

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Julien a lui aussi un blog retraçant ses aventures au bout du monde, à visiter ici.

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5 réflexions sur “Interview – Julien en Terre Adélie

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