Au détour des rivières du KwaZulu Natal

Ca y est, j’ai enfin commencé le vrai boulot de terrain. Celui où on finit journée plein de boue, mouillés et fatigués. Dans le cadre de mon travail, je fais partie d’un grand projet national, « River Health Programme » qui vise à suivre l’évolution de santé des rivières en Afrique du Sud. Mon équipe est chargée de la province du KwaZulu Natal, où j’habite. J’ai donc passé les 15 derniers jours à échantillonner les rivières du point de vue des poissons, des macro-invertébrés (larves, insectes et compagnie) et qualité de l’eau et de l’habitat.

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Hippopotame dans le Nyamiti Pan dans la Réserve de Ndumo. Dans ce genre d’endroit, il faut toujours se méfier de l’eau qui dort ! 
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Elle est pas belle la vue vie ?

15 jours sur le terrain… comment ça se passe ?

Mon équipe (3 personnes !) était chargée d’inspecter 17 sites dans le nord de la province. En général, on passe 4 bonnes heures sur place et on essaye de faire 2 sites dans la journée : c’est assez sportif ! Une personne est chargée d’évaluer l’état des communautés d’invertébrés tandis que les 2 autres se chargent des poissons. De manière générale, plus on utilise de techniques de pêche, plus l’échantillonnage est efficace, surtout si la rivière compte de nombreux types d’habitats. La méthode la plus efficace, en général, reste la pêche dite électrique. On peut l’utiliser dans de nombreux types d’habitats en les parcourant à pied ou en bateau. Dans le cadre de ce séjour, c’est la seule méthode que nous avons utilisée.

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La pêche à la mouche, c’est tout un art. On peut aussi utiliser cette technique dans le cas de recensements scientifiques.

En plus de ça, nous mesurons aussi certains facteurs concernant la qualité de l’eau (conductivité, pH, taux d’oxygène, température) et embouteillons un échantillon pour des analyses plus poussées en laboratoire.

A chaque site, nous nous efforçons également de décrire l’habitat au mieux : niveau d’eau, type de débit (lent, rapide, chute, …) mais également la présence de végatation aquatique et semi-aquatique, la présence d’espèces invasives et les différentes pression sur l’habitat – principalement le surpaturage dans la région !

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La province du KwaZulu Natal subit une sécheresse très importante pour le moment. Ici, sur la gauche, on peut voir un « puits » que les villageois on creusé pour atteindre l’eau souterraine.
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D’ailleurs, en parlant de villageois… quand on fait des rencontres, j’ai toujours un succès fou et les enfants/ado se battent pour prendre une photo avec moi. Pourquoi ? Ca reste un mystère… Une femme blanche qui fait un métier d’homme, ça doit être ça ?

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Les rivières subissent différents types de pression : laver le linge, laver les voitures, se laver soi-même à abbreuver le troupeau.

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Autre type de pression, le « sand mining », c’est-à-dire, « récolter » le sable des berges et de la rivières (qui est en décrue). Généralement illégal.

La pêche électrique ?!?

J’avoue, la première fois que j’en ai entendu parlé, j’étais un rien sceptique… quoi, vous electrocutez les poissons ?! Mais non ! Ca fait plus peur que mal, ne vous inquiétez pas.

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Il n’y a pas que des poissons trites et sans couleurs dans les rivières. La preuve avec le « banded tilapia » (dont je n’ai pas trouvé le nom en français !) , Tilapia sparrmanii

Lors d’un recensement par pêche électrique, un courant est produit par un générateur placé sur la rive, sur un bateau ou via un générateur portable (comme un sac à dos !). La cathode (borne positive) consiste généralement en une grille ou filin mis à l’eau en un point fixe sur la berge, laissée à la traîne d’un bateau ou dans le cas d’un générateur portable, laissé à la traine quand on marche. L’anode (borne négative) est manipulée par un opérateur qui se déplace dans la rivière. Une fois que l’anode est plongée dans l’eau, le circuit électrique est fermé. Le champ électrique résultant va rayonner autour de l’anode, de manière décroissante au fur et à mesure que l’on s’en éloigne. Ce champ, qui va agir comme un stimulus, va modifier le comportement des poissons qui vont effectuer une nage forcée vers l’anode. A proximité de l’anode, le poisson entre en électronarcose et peut dès lors être capturé avec une épuisette, de manière assez rapide car l’effet est temporaire. Les poissons capturés sont ensuites généralement pesé, mesuré, parfois photographiés puis remis à l’eau là où ils ont été pêchés.

Le tout en photos !

(cliquez sur une photo pour lancer le diaporama en plein écran)

 

 

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9 réflexions sur “Au détour des rivières du KwaZulu Natal

  1. Merci de nous partager ton quotidien, c’est très intéressant. Je t’envie beaucoup, de part ta profession qui doit être passionnante, et de part le cadre dans lequel tu évolues ! Je rêve encore de voir des girafes et des rhinocéros, et on a l’impression que ce sont presque tes voisins ! 🙂

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  2. Merci Céline pour ce superbe article et les belles photos.

    Bonne continuation,

    Nous serons en Afrique du Sud durant les 15 jours de congé de Noël. Nous nous réjouissons…

    Bien à toi,

    L.B. Koch

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  3. Chère Céline,

    Grâce à toi, demain à 10h heure belge 38 enfants de 10-12 ans vont pouvoir faire un Skype avec Julien Vasseur.en Antarctique.. Ce sera un moment magique car les enfants sont bien préparés. Je serai en pensée avec toi … merci de nous avoir mis en contact avec lui.

    prof atchoum

    Aimé par 1 personne

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