Une vie sur le terrain

Ces deux derniers mois, j’ai passé beaucoup de temps sur le terrain pour divers projets. J’ai donc eu l’opportunité de bourlinguer un peu partout… J’ai donc envie de partager avec vous cette expérience sur le terrain !

Pour le moment, je travaille majoritairement sur deux gros projets. Le premier, c’est le « River Health Programme », un programme national qui vise à suivre l’évolution de santé des rivières. Notre groupe est chargé des rivières du KwaZulu Natal et nous visitons nos +/- 40 sites 4 fois par an.  Je m’occupe du bassin de l’Umgeni et du Thukela, qui sont mes rivières d’étude.

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Le « Mighty Condor », notre véhicule de terrain qui nous emmène souvent, vaillamment, en dehors des sentiers battus.

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Le côté sympa du terrain, c’est de pouvoir passer par des endroits magnifiques et parfois peu accessibles (ou même pas du tout en tant que touriste !). Mon coup de coeur, la réserve de Kamberg dans les montagnes du Drakensberg.

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A Kamberg, comme dans de nombreuses réserves, on loge dans des petits chalets avec le traditionnel toit de chaume ou « thatch ».  Ils sont généralement bien équipés et plutôt confortables.
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C’est l’été, il peut déjà faire bien chaud à 8h du matin. On essaye donc de commencer la journée bien avant ça (mais la motivation n’est pas toujours là ;)).
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Les paysages sont à couper le souffle !

Quand on peut, on essaye de profiter un minimum des lieux. Ce qui est rarement le cas… ! A Kamberg, nous avons décidé de faire une petite rando de 2 heures vers une grotte surplombée par une cascade. Bon, on a fini notre journée bien tard après ça, mais ça en valait la peine 🙂

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A deux pas de la maison, l’impressionnante « Chute d’Howick » avec un dénivelé d’environ 120m. Historiquement, les anguilles étaient présentes au-delà de cet obstacle formidable !

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Assumer son style à toute épreuve…
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Belle capture !

En plus de ce projet, je travaille également sur un tout nouveau projet de télémétrie (suivi de comportement à distance) plutôt passionnant pour lequel je dois équiper des anguilles et des « yellowfish » avec des transponders, chirurgicalement !

Ma première chirurgie a été plus que stressante mais tout s’est bien passé et j’ai pu « taggé » 3 poissons ! Plutôt pas mal sachant les contraintes : il nous faut des gros poissons (+ 1,5 kg) … et ils ne sont pas si faciles à attraper. Nous n’avons pas capturé d’anguille, parfois, le travail de terrain, c’est donc également très frustrant : 4 jours sur le terrain, où l’on passe en moyenne 10 à 12h dehors, sous une chaleur écrasante… Et (peu ou) pas de poissons ! Parfois, c’est beaucoup d’énergie pour pas grand chose – mais bon, on vit des instants mémorables dans des endroits magnifiques… On ne peut pas toujours tout avoir.

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Quelques minutes avant ma première chirurgie… Je ne faisais pas trop la brave !
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Le « Mighty Condor » ayant fait une sortie de route lors de notre dernier voyage (Oups !). Nous avons emprunté la petite soeur !
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Installation de mon petit hôpital de campagne.
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En première ligne pour « tagger » les poissons !

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Depuis peu, je fais appel à des volontaires pour m’aider sur le terrain. Un de mes heureux et précieux volontaire entrain de pêcher.
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Quand même quelques grosses captures. Juste pas ceux qu’on cherchait !
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On ne dort pas toujours dans des 3 étoiles. Cette fois, c’était plus rustique, dans une ancienne laiterie. Pour ma part, je préfère comme cela.

Les dangers ?!?

Il y a les dangers évidents…

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Quand on en voit un, cela veut sûrement dire qu’il y en a plein d’autres… Sympa quand on se promène en bateau gonflable !

Et un danger invisible : la bilharziose !

La bilha-quoi ? La bilharziose (ou schistosomiase) est une parasitose chronique provoquée par des vers (trématodes) du genre Schistosoma.  Ces vers se développent au cours d’un cycle où ils infectent également un hôte intermédiaire, un petit mollusque vivant dans les rivières…qui va donc libérer les larves. Ces larves vont alors contaminer leur hôte définitif, l’homme (ou la femme!) qui aura été en contact avec une eau infestée. Ou même pas, une simple éclaboussure peut suffire ! Ces petits vers vont donc terminer leur cycle et retourner à la rivière via les excréments. Cette parasitose est donc particulièrement présente dans les zones d’Afrique rurale (et dans les zones tropicales et subtropicales à risque de manière générale) où les populations plus démunies n’ont pas accès à de l’eau de boisson potable et à un assainissement satisfaisant.

Heureusement, un traitement très efficace, le praziquantel, est disponible. Encore une fois, pas nécessairement pour les communautés les plus touchées (souvent les plus éloignées!) qui n’ont pas nécessairement accès à des soins de santé.

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On ne peut pas toujours faire trempette sans prendre de risque.

A bientôt pour de nouvelles aventures !

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10 réflexions sur “Une vie sur le terrain

  1. Très intéressant et magnifiques clichés! La Bilharziose : une saloperie que deux de mes élèves avaient choppé en rentrant du Bénin (bas ouais, la punition pour avoir été nager dans des eaux stagnantes en catimini…). Cher payé quand même, les pauvres!… 🙂 Bises et au plaisir de te lire …

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