Au delà de la barrière de lances

Il y a quelques mois, je suis tombée amoureuse du Lesotho. A l’époque, nous n’avions pu qu’y passer une journée (pour vous rafraîchir la mémoire!). Cette fois, c’est équipé d’un 4×4, d’un pilote et de deux amazones que nous décidons de franchir la « barrière de lance » aka l’escarpement du Drakensberg qui sépare l’Afrique du Sud du petit Royaume du Lesotho.

L’aventure débute un vendredi soir. Underberg est situé à environ 2h de route de Pietermaritzburg. L’été est bien là et nous sommes accueillis par une tempête mêlée de foudre.  Nous passons la nuit au Sani Lodge Backpackers : un petit nid cosy au pied des montagnes.

ça commence bien… Pneu à plat au poste frontière sud africain ! La piste qui monte au col n’est pas des plus faciles et requiert de bon pneus. Officiellement, il n’est même pas autorisé de monter sans 4×4 (en réalité, un 2×4 convient si le temps est sec).

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Encore une fois, je suis plutôt malchanceuse point de vue météo. Pour la seconde fois, je ne verrai pas le Col de Sani, complètement caché dans le brouillard.

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Arrivés au sommet, passage obligatoire au poste frontière du Lesotho. Quelques douaniers sont rassemblés dans une petite cahute autour du feu. C’est l’été, mais ici, ça sent encore bien l’hiver : gros manteaux de laine sont au rendez-vous. Autre passage obligatoire, un peu comme un pèlerinage : Sani Mountain Lodge pour un bon vin chaud. Sani Lodge, c’est un refuge, un coin toujours au chaud au milieu de la brume et du vent. Nombreux y sont passés, y passent et y passeront. Nombreux sont aussi ceux qui laissent une trace de leur passage.

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Permettez-moi d’émettre quelques doutes 😉

Prochaine étape ? Mokhtolong ! La seule « ville » de ce coin du Lesotho. En route, on passe par le Col de la Montagne Noir (+/- 3200 m d’altitude !) et nous nous arrêtons pour saluer le Thabana Ntlenyana ou « Belle Petite Montagne », le plus haut sommet d’Afrique Australe qui culmine à 3482 m. 

A Mkohtolong, nous faisons réparer notre pneu : on n’est jamais trop prudent. Je trouverais ça moyennement drôle de crever un autre pneu dans un col de haute montagne au milieu de nulle part ! Nous reprenons la route en direction de Molumong où nous passerons les 2 prochaines nuits à Polihali Lodge.  Nous prenons même des autostoppeurs : la première est une dame âgée avec qui nous avons du mal à communiquer, mais on l’emmène (j’espère !) à destination. La seconde, Cornelia, nous racontera de nombreuses anecdotes sur la vie rurale du Lesotho. Elle aussi se dirige vers Molumong et fera donc un bout de chemin avec nous.

Nous sommes accueillis par Daniel, basotho né à Molumong qui nous emmènera le lendemain faire une courte randonnée à cheval. Derek, le propriétaire est également là pour nous accueillir ainsi qu’un couple de voyageurs, tout comme nous. A Molumong, nous nous accordons une promenade dans le village : les « sotho » sont extrêmement accueillants et amicaux. Intrigué et curieux, un villageois nous interpelle et après quelques minutes, nous emmène à travers le village chez des voisins qui font de la « sotho beer », la bière traditionnelle que l’on mijote à partir de sorgho et de maïs ! Chez eux, on entre comme dans une église, on suit Phielo (si je me souviens bien!) et on débarque chez ses amis qui sont occupés à boire de la bière en regardant la tv. Notre arrivée fait sensation et les femmes de la maison nous emmènent à la cuisine pour nous faire goûter la bière maison et nous expliquer sa fabrication, c’est tout un spectacle ! On discute tant bien que mal (un mélange d’anglais, de zulu et de sotho) et tout le monde rigole. Nous repartons avec un litre de cette bière aux allures de milkshake pour en offrir à nos co-voyageurs (qui sont carrément réticents).

Dimanche matin, Daniel nous emmène explorer les environs à dos de « basuto pony », une race de petits chevaux équipés pour la montagne.

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Mon fidèle destrier du jour, nommé Jolly Jumper pour la journée. Daniel l’ayant emprunté, il ne savait pas quel était son nom !
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Vers l’infini et au delà !

Nous abandonnons nos montures quelques minutes pour aller explorer des grottes qui contiennent des peintures rupestres. Les peintures du peuple San sont partout en Afrique du Sud et Lesotho mais malheureusement, elles se détériorent rapidement et il n’y a aucun moyen vraiment efficace de les protéger. Celles-ci vont carrément être détruites très prochainement (ou plutôt inondées) suite à la construction d’un nouveau barage. Nous devons utiliser un peu d’eau pour, en fait, voir ces peintures qui ont presque disparus.

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Nous terminons l’après midi par une exploration des alentours en voiture et nous laissons guider par la route !

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Les bergers et leurs moutons ou chèvres angora (qui donnent du mohair !) sont omniprésents ainsi que leurs traces par delà les montagnes même les plus reculées.

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Lundi, il est déjà temps de rentrer. L’idée était de tenter de faire grimpette au dessus du Thabana Ntlenyana… car un guide m’avait dit « Oh oui, depuis cette piste, il faut peut-être 2h pour arriver au dessus« . Nous allons vite déchanter. Sans carte, avec une vague idée du sommet, nous nous lançons. Pour vite se rendre compte, qu’on va bien vite et que c’est bien facile… et aussi vite realiser que, en fait, le Thabana, c’est la belle petite montagne que l’on voit tout là-bas au loin ! Nous grimpons toutefois au dessus d’une petite montagne qui culmine à 3350 m (pas si mal, finalement) avec des rafales de vents proches de 120 km/h. Evidemment, j’avais oublié de charger la batterie de mon appareil photo… ! Un peu déçus, mais avec des belles images dans la tête, nous redescendons et nous rencontrons un autre guide qui nous confirme que même depuis l’endroit ou nous nous tenons, ça fait quand même un bon 21 km aller retour (et difficilement possible en une journée). Rien de grave, on reviendra !

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De retour a Sani Top, la météo semble plus ou moins clémente (pour un court moment). Je peux enfin voir le col ! (Ouff, j’ai pu charger un peu ma batterie au Chalet de Sani).

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Le Col de Sani !

Bien vite, le mauvais temps nous rattrape mais non sans nous offrir une lumière spectaculaire pour terminer ce voyage en beauté.

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4 réflexions sur “Au delà de la barrière de lances

  1. Toujours un plaisir de suivre tes escapades. Les paysages sont incroyables, l’on se croirait en Asie centrale. j’aime beaucoup ta photo des deux jeunes bergers et celle avec les arbres morts. La vue du col de Sani est magnifique. Mais ce qui me fais le plus rêvé c’est la ballade a cheval !! a+

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